Quais de Seine à Austerlitz, quartiers nord de Paris Solidarité avec les réfugiés !

Depuis plus de 18 mois, des réfugiés, soudanais et érythréens notamment, ont établi un campement quai d’Austerlitz, et y vivent dans des conditions scandaleusement précaires (humidité, manque de nourriture et de soins…). La Préfecture et la mairie de Paris refusent de leur procurer les commodités les plus élémentaires et de leur assurer une aide juridique pour leurs démarches de demande d’asile. Le groupe d’extrême-droite « Bloc identitaire » a récemment profité de leur vulnérabilité en les brutalisant sur leur campement : jets de pétards, intimidations, slogans xénophobes.

Accueillir : un acte de bon sens
Du fait des famines, des guerres et des dictatures qui sévissent dans leur pays, les migrants n’ont pas eu d’autre choix que d’en partir, souvent sur des embarcations de fortune et en risquant leur vie. La politique étrangère française, qui a, par des interventions militaires controversées (en Libye notamment), participé à désorganiser certains pays d’Afrique, n’a pas peu contribué à cette situation. Il est donc absurde de répondre par la répression et la fermeture des frontières à des migrations qui continueront inévitablement de se produire tant que l’existence sera aussi difficile dans les pays d’origine des migrants.

Non-respect du droit au « pays des droits de l’homme »
La France doit donc accepter ces arrivées et respecter la loi qui garantit un hébergement et des conditions de vie décentes aux demandeurs d’asile. Selon la directive 2013/33/UE du Parlement et du Conseil européen du 26 juin 2013, l’Etat a charge de prévoir un accès effectif aux conditions matérielles d’accueil pour les demandeurs d’asile.
La récente évacuation du campement de La Chapelle, le 2 juin dernier, a contrevenu à ces exigences élémentaires : marquée par des violences policières à la Halle Pajol, elle a consisté à disperser les réfugiés aux quatre coins de l’Île-de-France, en ne proposant qu’à une partie des migrants des solutions d’hébergement ponctuelles et inadaptées à leurs besoins : rester groupés, et à proximité des lieux dans lesquels ils peuvent recevoir du soutien et poursuivre leurs démarches de demande d’asile. Certains migrants se sont retrouvés à la rue le soir-même et la répression policière s’est poursuivie les jours suivants à l’église saint-Bernard, à la Halle Pajol, à la caserne de Château-Landon, au jardin d’Eole. Les migrants du camp de La Chapelle sont désormais de retour à la Halle Pajol. L’opération communication du gouvernement Valls est terminée…
Les comités 13e et 5-6-7 du Parti de Gauche sont partie prenante du dispositif militant mis en place par les associations et les riverains pour venir en aide aux migrants, et vous invitent à venir nombreux aux permanences de solidarité organisées tous les jours entre 18h et 20h en bas de la Cité de la mode (34 quai d’Austerlitz) pour soutenir les migrants par des dons (denrées non périssables, chaussures, produits d’hygiène, vêtements, livres) et des cours d’initiation au français.

Contre le repli identitaire, la fraternité
Nous demandons que l’État et la Ville de Paris trouvent dans les plus brefs délais des solutions d’hébergement garantissant aux réfugiés des conditions de vie décentes, et ouvrent des espaces d’accueil collectifs permettant aux réfugiés d’être accompagnés dans leurs démarches. En 1979, la France avait accueilli 128 531 réfugiés cambodgiens, laotiens et vietnamiens, signe de sa capacité à aider « des hommes en danger de mort » (Jean-Paul Sartre).
Nous nous opposons avec la plus grande fermeté aux politiques et discours belliqueux et xénophobes du gouvernement Valls. En se vantant d’opérer plus de reconduites à la frontière que ne le faisait Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, ancien ministre de l’Intérieur, trahit l’héritage des Lumières et les principes humanistes qui étaient notamment inscrits dans la Constitution de 1793 et celle de 1946 :
« Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; – Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année – Y vit de son travail – Ou acquiert une propriété – Ou épouse une Française – Ou adopte un enfant – Ou nourrit un vieillard ; – Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité – Est admis à l’exercice des Droits de citoyen français. » (Constitution du 24 juin 1793, article 4)

« Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République » (Constitution du 27 octobre 1946, Préambule).

Pour suivre la situation des migrants, une page facebook, « Solidarité avec les migrants d’Austerlitz », a été créée.
rocho